Disponible jusqu’au 21/07/2025 Imaginons un monde dans lequel les hommes s’occuperaient du ménage et des enfants, tandis que les femmes seraient cheffes d’État ou d’entreprise, gagneraient plus que leurs homologues masculins et dirigeraient la planète. Ce ne serait donc plus une société patriarcale, puisque les femmes auraient le pouvoir. Mais serait-ce un matriarcat pour autant ? Et le monde en serait-il plus pacifique ? Série documentaire scientifique (Allemagne, 2024, 28mn) #matriarcat #documentaire #arte
Transcription (FR)
Imaginez un instant : les hommes s’occupent des enfants et du ménage tandis que les femmes sont à la tête des États, des entreprises et même du Vatican. Dans certaines religions, la gente masculine doit se voiler face aux femmes qui concentrent les pouvoirs politiques et financiers. Le sexe faible, l’homme, n’a d’autre choix que de se soumettre.
Bienvenue dans le matriarcat tel qu’on l’imagine, c’est-à-dire l’exact opposé du patriarcat. Mais est-ce la solution ? Le monde serait-il vraiment plus paisible si les femmes étaient aux commandes ?
Quand on vous demande sur YouTube si une société matriarcale serait la solution, la majorité répond non, tandis qu’environ 20 % répondent par l’affirmative. Bon, tout ceci n’est que pure spéculation, car si l’histoire a été marquée par des femmes puissantes comme Marie Stuart, Hen Johnson, Margaret Thatcher ou Angela Merkel, force est de constater que les hommes dirigent encore le monde.
Selon l’Union interparlementaire, les femmes représentaient, au 1er février 2024, 26,9 % en moyenne des élus des parlements de la planète, et seuls 16 des 193 États membres de l’ONU avaient une femme à leur tête. Mais pourquoi en est-il ainsi ? Les femmes sont-elles moins nombreuses à occuper des postes de pouvoir ? Avant de nous demander si le matriarcat est souhaitable, jetons un œil du côté de nos plus proches parents : les bonobos et les chimpanzés.
Nous partageons avec eux 98,7 % de notre patrimoine génétique. Rien d’étonnant : les chemins de l’humain et du singe ont divergé il y a seulement 5 à 7 millions d’années, et ceux du chimpanzé et du bonobo, il y a environ 2 millions d’années, d’où leur ressemblance. Alors, qui a le dernier mot chez ces deux espèces : monsieur ou madame ? Pour le savoir, demandons à des femmes scientifiques quelle espèce elles préféreraient être. Leur choix est unanime. Mais qu’est-ce qui attire tant chez les bonobos ?
Chez les chimpanzés, ce sont en effet les mâles qui ont le dernier mot. Ils résolvent les conflits par la violence et leur relation avec les femelles pourrait s’apparenter à du harcèlement sexuel.
Les différences de comportement entre chimpanzés et bonobos restent à ce jour une énigme pour la science. En tout cas, nos plus proches parents pratiquent pour les uns le patriarcat, pour les autres le matriarcat. Bref, pas de quoi éclairer notre lanterne.
Mais qu’en est-il pour le reste du monde animal ?
Effectivement, les éléphants, les hyènes, les lions et les orques vivent dans des sociétés matriarcales, tout comme de nombreuses espèces d’insectes.
Pourquoi alors les sociétés humaines sont-elles presque exclusivement patriarcales ? Est-ce parce que les femmes n’ont pas le sens du pouvoir ou que les hommes sont moins inhibés que les mâles bonobos ?
Après tout, le patriarcat puise peut-être sa source dans la nature même des femmes et des hommes. Et si ces derniers étaient naturellement prédisposés à dominer ? Vous savez, la fameuse loi du plus fort de Darwin. Car sur ce plan-là, les hommes l’emportent haut la main, non ?
That’s not true. It’s part of the cultural process of patriarchy that we tend to think that women don’t have power and that this is the natural state. At the most basic biological level, women have the power of creation. Women create humans, humanity.
Dans la comédie écrite par Aristophane, Lysistrata, les femmes lancent une grève du sexe pour obliger leurs maris à arrêter la guerre qui fait rage entre Sparte et Athènes. Ces messieurs ne se le font pas dire deux fois et décident alors de baisser les armes.
Et c’est ce moteur de l’évolution qui donne aux femmes du pouvoir.
Outre la loi du plus fort, la théorie de l’évolution formulée par Darwin comprend un autre principe fondamental : la sélection sexuelle.
Cela signifie que l’évolution veut, pour ainsi dire, que toutes les espèces produisent le plus possible de jeunes avec de bonnes chances de survie pour qu’ils puissent se reproduire à leur tour. Mais comme la grossesse, l’accouchement et le maintien en vie de la progéniture rendent la reproduction plus risquée pour les femelles que pour les mâles, les femelles sont devenues de plus en plus sélectives au cours de l’évolution. Pour les mâles, l’accès aux femelles passe donc par la compétition. Ils doivent convaincre que leur matériel génétique est au top et peut produire une progéniture apte à survivre.
Mais si les femmes occupent le poste le plus important de la conservation de l’espèce, pourquoi ne sont-elles pas en position dominante ? Et si le patriarcat était apparu justement parce qu’elles assurent cette fonction essentielle et que les hommes voulaient s’assurer du contrôle de leurs femmes et de leur progéniture ? Mais comment s’y prennent-ils ? Les hormones influencent-elles la répartition des rôles sociaux ?
Si les hormones ne sont pas la clé des disparités entre hommes et femmes, l’origine est peut-être à chercher dans le cerveau lui-même. Les hommes seraient plus logiques, avec une meilleure capacité d’abstraction, tandis que les femmes seraient trop empathiques pour pouvoir commander. Leurs cerveaux sont-ils vraiment différents ? Les scientifiques, essentiellement des hommes, ont essayé pendant des siècles d’en faire la preuve, histoire de démontrer que le matriarcat n’était pas dans la nature humaine. On sait désormais qu’il n’en est rien. Mais peut-être existe-t-il dans le cerveau masculin un centre du pouvoir qui serait absent du cerveau féminin ? Attendez… vous voulez dire qu’on ne peut pas déterminer si ce cerveau est celui d’un homme ou d’une femme ? It’s individual. The brain is different from every other brain because brains reflect much more than the kind of biology of their owner.
Conclusion : ni les hormones ni l’anatomie du cerveau ne permettent de prouver que les hommes sont naturellement plus aptes que les femmes à commander.
Mais alors, comment expliquer que les garçons ont tendance à être plus entreprenants et plus autoritaires que les filles ? Les enfants perçoivent leur environnement à travers les valeurs et les attitudes qui leur sont transmises, consciemment ou non. Si garçons et filles étaient exposés aux mêmes valeurs et comportements, il est probable qu’ils se comporteraient de façon similaire. Le cerveau se forme en fonction de l’utilisation que nous en faisons. Il est particulièrement plastique et reflète notre vécu, une malléabilité qui perdure tout au long de la vie. La question du patriarcat se heurte à un problème fondamental qui nourrit un cercle vicieux. Dans une société qui croit fermement que les femmes ne savent pas commander, les filles sont moins encouragées que les garçons à suivre cette voie. Elles n’entraînent pas les structures cérébrales nécessaires et n’ont pas confiance en elles, d’où une faible proportion de femmes au pouvoir, ce qui renforce l’hypothèse selon laquelle elles ne sont pas faites pour ça.
C’est ainsi que les stéréotypes de genre deviennent des prophéties autoréalisatrices. La société et la culture jouent donc un rôle central. Alors, y a-t-il déjà eu des matriarcats dans l’histoire de l’humanité ?”
Documentaire disponible en rediffusion jusqu’au 08/10/2025 Au fil d’un road-trip aux États-Unis, où “Le deuxième sexe” trouva sa genèse, un regard inédit sur l’ouvrage pionnier de Simone de Beauvoir, nourri par les analyses de théoriciennes féministes qui en mesurent la portée et les limites. En 1949, la parution du Deuxième sexe de Simone de Beauvoir provoque une onde de choc : un plaidoyer de mille pages pour l’égalité des sexes, l’indépendance des femmes et la libération des mœurs. Pour la première fois, une femme livre une analyse inédite et mordante des mécanismes de domination masculine dans une société d’après-guerre que l’on n’appelle pas encore patriarcale. Le scandale sera immense ; le succès, planétaire. On le sait peu, mais c’est aux États-Unis, à l’occasion d’une tournée de conférences entreprise en 1947, que Simone de Beauvoir trouva l’inspiration pour écrire Le deuxième sexe. Quatre mois durant, elle observe d’un œil d’entomologiste les attitudes des jeunes filles de bonne famille, s’étonne du corsetage des New-Yorkaises, s’indigne de la soumission des femmes mariées, et découvre, sidérée, la brutalité d’un Sud ségrégationniste. “C’est étrange et c’est stimulant de découvrir soudain à 40 ans un aspect du monde qui crève les yeux et qu’on ne voyait pas”, dira l’autrice sur la genèse de son essai. “Je m’étais mise à regarder les femmes d’un œil neuf et j’allais de surprise en surprise.” Ses réflexions, notées dans un carnet, nourriront amplement l’écriture de son ouvrage. Soixante-quinze ans plus tard, comment se mesure l’impact de ses idées avant-gardistes ? Comment la phrase culte “On ne naît pas femme, on le devient” a-t-elle fait voler en éclats des siècles de domination patriarcale et poser les bases des théories les plus contemporaines, comme celles du genre et de l’écoféminisme ? Imaginé comme un voyage initiatique aux origines de la pensée de Simone de Beauvoir, le film de Nathalie Masduraud et Valérie Urrea (Alice Guy – L’inconnue du 7e art, la série H24) nous entraîne à travers les États-Unis, sur les lieux qui ont inspiré la philosophe et nourri ses théories. Une quête intime et politique qui donne corps aux écrits de la philosophe, talentueusement “interprétés” par Noémie Merlant. Et une réflexion accompagnée par de grandes penseuses féministes de notre siècle – Judith Butler, Laure Murat, Silvia Federici, Kellie Carter Jackson, Caitlin Keliiaa et Françoise Vergès –, qui analysent ici les fulgurances, mais aussi les limites et les points aveugles de cette “bible du féminisme”. Documentaire de Nathalie Masduraud et Valérie Urrea (France, 2024, 1h33mn)
Rediffusé jusqu’au 01/07/2026 La plupart des personnes sentent assez tôt si elles sont attirées par les femmes ou par les hommes. Mais s’agit-il d’une attirance durable ? Et si notre désir n´était pas aussi déterminé que nous le pensons ? Série documentaire scientifique (Allemagne, 2023, 25mn) #arte #bisexuel #documentaire



